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Être propre ou contribuer à la transition ? La RSE au défi de la durabilité

Rattaché au Domaine d’Excellence
Entreprises & Finance Durables

sur quoi travaillon-t-on ?

Les modèles de responsabilité sociale d’entreprise (RSE) ont été élaborés pour évaluer la manière dont les entreprises traitent leurs parties prenantes immédiates (employés, clients, actionnaires, fournisseurs, etc.). Ces modèles sont insuffisants pour analyser (démarche positive) ou envisager (démarche normative) la contribution des entreprises à la transformation de l’économie vers la durabilité. Nos travaux de recherche appliquée permettent : 1) d’élaborer un nouveau modèle de responsabilité sociale d’entreprise, que l’on nomme “Contribution de l’Entreprise à la Transition Ecologique” (CETE) ; 2) de l’appliquer pour contribuer à une évaluation critique des démarches actuelles des entreprises, ainsi que des règlementations “dures” (eg finance durable Européenne) ou “douces” (eg alliances net-zéro) ; 3) développer des méthodologies spécifiques d’accompagnement de CETE. 

Pourquoi travaillon-t-on sur ce sujet ?

La transformation des économies vers la durabilité requiert une mobilisation collective. Les entreprises ont un rôle clé à jouer, mais pour ce faire ont besoin de considérer leur responsabilité sociale dans la perspective de cet effort collectif. Dans plusieurs secteurs clés ayant la particularité d’être particulièrement polluants (ou dépendants de secteurs polluants) et de fournir des produits ou services essentiels pour le bien-être la population ou le fonctionnement de l’économie – énergie, finance, transports, etc. – l’injonction faite aux entreprises d’être « propres » semble inadaptée pour deux raisons complémentaires :
1) elle se heurte à un problème de cohérence entre les stratégies d’entreprise et les trajectoires de transformation de l’économie au niveau d’un territoire (région, pays, monde) ;
2) elle est trop étroite par rapport au rôle que les entreprises pourraient jouer dans la transformation vers la durabilité de leur secteur et de l’économie plus largement.
Le secteur financier – banques, assurances, société de gestion d’actifs est confronté aux mêmes contradictions : en finançant (ou assurant) l’activité économique dans son ensemble, leur bilan environnemental est nécessairement à l’image de celui de l’économie française : mauvais (par rapport, par exemple, aux engagements pris par la France dans le cadre de l’Accord de Paris sur le climat). Chaque acteur pourrait alors devenir plus « propre » en arrêtant de soutenir les secteurs les plus polluants de l’économie, comme ils ont commencé à le faire avec le secteur du charbon. Mais cette stratégie est-elle bien adaptée pour soutenir la transition écologique ? Elle n’aura de fait aucune incidence sur la réalité économique si les entreprises polluantes obtiennent des financements auprès d’autres organismes financiers ; et si elle a un impact, elle risque de déstabiliser des secteurs entiers qui produisent des biens et services de première nécessité dans la structure actuelle de l’économie, comme par exemple les transporteurs routiers, avec le risque de saper le soutien de la population à la transformation. La Banque de France, lors de l’exercice de stress test climatique effectué en 2021, a d’ailleurs bien identifié ce risque d’incohérence entre l’offre globale de produits ou services fournis par des acteurs privés visant à être « propres », et les besoins d’acteurs économiques fournissant des produits et services essentiels. Nous travaillons donc à la valorisation d’une meilleure solution et au développement des moyens de l’utiliser.

que fait-on concrètement?

Nous travaillons selon plusieurs axes complémentaires.
1) Nous contribuons à affiner les théories de la transition écologique qui doivent servir de référence pour les CETEs. Nous approndissons en particulier l’idée que tous les acteurs, et donc les entreprises, peuvent significativement contribuer à la transition écologique.
2) Nous développons un référentiel pour explorer la CETE, référentiel qui pourra également servir pour évaluer les stratégies RSE des entreprises dans cette perspective.
3) Nous appliquons ce référentiel pour expliciter le rôle que peuvent jouer les acteurs du secteur financier (banques, assurances, gestionnaires d’actifs).
4) Nous explorons la gouvernance et l’organisation des entreprises susceptibles de faciliter et soutenir la mise en oeuvre de la CETE au sein des entreprises.

CHERCHEUR

Docteur Franck AMALRIC

Docteur Franck AMALRIC

Diplômé de l’École Polytechnique, de l’ENSAE (Ecole Nationale de la Statistique et de l’Administration Economique), et Docteur en économie de l’Université d’Harvard, Franck Amalric a effectué la majeure partie de sa carrière sur des problématiques de développement durable, et a également occupé plusieurs postes à responsabilités dans le secteur de la santé.
Après sa thèse de doctorat sur l’économie politique du développement durable, soutenue à Harvard, il a dirigé les programmes de la SID (Society for International Development) – une ONG internationale basée à Rome. Franck Amalric a ensuite rejoint la banque UBS AG à Zürich pour y développer sa stratégie RSE, avant de cofonder, au sein de l’Université de Zürich, le Center for Corporate Responsibility and Sustainability, mi-think tank mi-cabinet de conseil, dont il dirigeait les recherches. Dans ce cadre, il a notamment participé en tant qu’expert à l’élaboration des Principes d’Investissement Responsable du PNUE (Programme des Nations Unies pour l’Environnement).De retour en France, il a co-dirigé le département Sciences Humaines et Economie de la Santé de l’INCa (Institut National du Cancer), dirigé le département Prix et Accès au Marché / Economie de la Santé de IQVIA (ex IMS Health) en France, puis dirigé la start-up Medusims, spécialiste de la simulation médicale numérique, pendant plusieurs années. Il a ensuite rejoint le Cabinet ““Utopies”” en qualité de Directeur Conseil. Il est l’auteur d’une trentaine d’articles scientifiques sur les thèmes du développement durable, de la RSE et de la Finance Durable.

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